Di(x)parue, spectacle scénique basé sur la phénoménologie

Dans la dernière création d’Andréane Leclerc, on ne sait pas où se trouve la scène, qui est l’artiste et qui est le spectateur, qui est l’un, qui est l’autre, ou tout cela à la fois !

Tangentelaboratoire le 4 nov. 2011 – Réalisation: Maxime Brouillet

Le spectacle débute sur une scène vide. Seule la musique rempli l’espace, une musique qui se créée en direct, en interaction avec les mouvements de l’artiste. Et Andréane est pourtant là, dans un coin parmi les spectateurs. Elle commence lentement à se plier et finit par se mouvoir dans le public qu’elle fixe d’un regard hypnotique. Lorsqu’elle se retrouve dans la partie haute de la salle, elle se contorsionne et dans la position de l’araignée, se met à descendre lentement les rangées de fauteuils et les spectateurs s’écartent silencieusement, respectueusement pour la laisser passer. De cette manière peu orthodoxe, elle rejoint la scène pour laisser exprimer son corps, toujours au son de cette musique aux sonorités industrielles, mais combien prenante et lancinante.

L’artiste s’amuse à retourner dans le public, une fois, deux fois, trois fois… en marchant à quatre pattes par-dessus les fauteuils pour venir cueillir, au fil du déroulement du show une femme et deux hommes qu’elle emmène sur scène pour les intégrer à sa chorégraphie qui se construit continuellement. En improvisant.

Andréane est déroutante : elle se fait yogi, insecte, prédateur, mais demeure une femme, sensuelle et féline.
En permanence, cette conversation muette, mais si expressive entre l’artiste et son corps, l’artiste et le public, l’ombre et la lumière est comme un jeu entre dualité et unité.

Andreane Leclerc

Tout au long des 45 minutes que dure Di(x)parue, le public de cette salle intimiste reste silencieux, hypnotisé par la performance.
Sans aucun doute, ceux qui souffrent de problèmes de dos ne doivent pas se sentir à l’aise devant la souplesse d’Andréane !

À la fin du spectacle, accompagné de Stéphane Labbé de Tangente, Andréane, enveloppée d’un châle, assise en tailleur sur une chaise se lance dans un échange informel avec le public, composé en grande partie de jeunes étudiants. L’artiste est accessible, simple et disponible et sait faire preuve d’humour.

Elle nous apprend que, malgré les apparences, elle n’a jamais fait de yoga, mais s’est impliquée dans le bûto. Que le travail est à la base de la performance, le don ne représentant qu’une toute petite partie de l’ensemble. L’artiste explique aussi comment le la musique et les lumières sont crées au fil du spectacle par Alexis Bowles, ce qui fait que sa chorégraphie se bâtit en union avec le son et lumière, et les représentations différentes à chaque fois.
Elle parle aussi de la perception de son corps, qu’elle perçoit comme vide dans lequel elle se sent bien.

Au final, un agréable moment entre tension et sérénité.

  • Conception et performance • Andréane Leclerc
  • Conception d’éclairages et d’environnement sonore • Alexis Bowles
  • Assistant au concepteur d’éclairages • Chris Rayment
  • Directrice de production • Ariane Lamare
  • Avec TANGEANTE

Montréal, les 3, 4, 5 et 6 novembre 2011 – Monument national

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